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Album Photo Raté

À la manière de Bertrand Lavier, Benoit Grimalt, Paul Graham ou Thomas Mailaender, Antoine Derriey interroge ironiquement notre rapport à la photographie, de la prise de vue à sa lecture. Tandis que la carte postale a largement contribué au développement d’une imagerie universelle et conventionnelle du voyage, le photographe amateur l’a désormais adopté dans sa pratique photographique et reste inconsciemment fidèle à cette esthétique dans ses propres photos-souvenir. Le statut de l’image est remis en question lorsque ces photographies, jugées comme ratées par leurs auteurs, se retrouvent sacralisées au sein d’un album photo. Si le réel a dépassé la technique au moment du déclic, le ratage rend discrètement compte d’un instant de vie propre au photographe, de l’ordre de l’infra-ordinaire, donnant au cliché un caractère d’authenticité et une richesse inexistante sur une carte postale. Le cadre photo numérique accompagnant l’album chahute les codes de présentation de nos photographies personnelles. Notre consommation de photographies personnelles reste étroitement liée au support de diffusion.